#30 Peuples et cultures
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#30 Peuples et cultures

En cette période socialement très engagée aux États-Unis, je repense souvent à la différence entre la Nouvelle Zélande et l’Australie dans leur gestion des peuples qui habitaient précédemment leur terre.

Dans ces trois anciennes colonies anglaises, il est clair que les habitants originelles ne sont pas dans une situation économique enviable actuellement (en moyenne). Pourtant, à y regarder de plus près, il y a des différences notables : j’ai trouvé impressionnant à quel point les néo-zélandais essaient de garder ou de redonner les noms maoris au maximum de lieu – qui ont souvent un nom anglais et un nom maori. La langue commence à être enseignée dans les écoles publiques, le gouvernement a demandé pardon et paie des rétributions aux familles/tribus maoris : même dans les musées, l’explication du traité historique entre anglais et maoris (qui a entrainé la perte de propriété de ces derniers) montre à quel point la différence de traduction et d’interprétation a entrainé des dégâts notables pour les Maoris : le mal n’est pas caché sous le tapis. En ce sens, je trouve que la société néo-zélandaise, loin d’être parfaite, a le mérite d’une volonté d’évolution et d’honnêteté qui sans doute permettra le progrès et une coexistence heureuse (le haka en est peut-être un symbole ?).

L’Australie, à contrario ressemble beaucoup plus aux États-Unis. Est-ce le drame des « états continents riches » ? S’il y a eu des rétributions de terre et des changements pour s’adapter aux normes culturelles (on ne peut plus escalader Uluru par exemple – car la montagne est sacrée pour les peuples aborigènes), les héritiers aborigènes vivent souvent dans des conditions médiocres (voire déplorables) et sont beaucoup plus pauvres que le reste de la population. Surtout, on ne sent pas chez les Australiens – que ce soit dans les musées ou dans les discussions un sincère intérêt pour cette autre culture : comme aux États-Unis, je ne vois pas d’intégration possible. Certes, il y a des « dot paintings » à l’Opéra de Sydney sur les murs, mais à aucun moment on ne sent cette culture ancestrale valorisée dans le pays. C’est plus une abstraction qui existe et dont on essaie de se souvenir pour se donner bonne conscience.

Qu’est ce qui entraine cette différence de perspective ? Il est possible que les canadiens soient plus proches des néo-zélandais, et que les américains plus proches des australiens. Est-ce une histoire de taille de pays ? de taille de population ? d’histoire ou mythe originelle ?

A contrario – je ne suis pas mécontent de ne pas été avoir un étranger au Pérou pendant le confinement, alors que le pays souffrait en sa chair du COVID (autant de morts qu’en France malgré la moitié de la population) importé d’Asie et d’Espagne, 500 ans après que les conquistadors terrassent la plus grande population d’Amérique (Nord et Sud confondus) avec les maladies qu’ils ont importées d’ailleurs, dont ils étaient immunisés, mais pas leurs « hôtes ».

Ce voyage m’a renforcé dans ma prise de conscience de l’importance des histoires que les peuples (se) racontent et de la difficulté de rattraper une erreur initiale. Notamment parce que les mentalités changent et ce qui est inacceptable aujourd’hui était monnaie courante alors. En ce sens, le non-conformisme à une doxa ambiante, même avec un effet mineur, est d’autant plus impressionnant pour juger l’importance symbolique d’un personnage de l’histoire.

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