#27 Gérer sa peur
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#27 Gérer sa peur

Les photos ne disent pas tout!
Les photos ne disent pas tout!

Hier nous avons fait une randonnée de plus de six heures (pause comprises) sur les hauteurs du Geirangerfjord. Après avoir pris un bateau pendant 20 minutes dans le fjord, nous sommes arrivés à un mini débarcadère en bas d’une montagne qui montait à pic juste au-dessus de nous. En commençant l’ascension, j’avais un peu d’appréhension en pensant à Annie : ce n’était pas particulièrement difficile physiquement, mais c’était escarpé et à pic, donc difficile quand on a le vertige et / ou qu’on est un peu anxieux. Cela n’a pas loupé. Annie a voulu rebrousser chemin au bout de 5 minutes et nous lui avons proposé, d’ailleurs, de nous attendre en bas et de reprendre le bateau pour Geiranger. Finalement, elle a réussi à maîtriser son angoisse et est venue avec nous –j’étais très fier d’elle, j’espère que les filles aussi. L’ascension était physique et aboutissait sur une jolie ferme abandonnée surplombant le fjord – vue sublime avec les cascades en face, le vert éclatant de la montagne contrastant avec le bleu du fjord. Nous avions alors l’impression d’être comme un drone posé au milieu du fjord.

Après une pause pique-nique, nous avons continué l’ascension pour rejoindre le village (et le campervan) à pied. L’ambiance est au beau-fixe quand tout à coup, Keren Or, éclaireuse de notre cordée s’arrête nette en sanglot : elle vient de voir que nous allons devoir tourner autour d’un pan de la montagne à pic, sur un sol de 60 centimètres de largeur, en nous tenant à un fil de fer accroché à la montagne. Dans ces cas de figure, il est facile de minimiser les choses en disant – cela va aller, ce qui est vrai d’ailleurs : ça va aller, au final, mais gérer cette peur est irrationnelle. Alors Annie m’a guidé vers une solution : faire le chemin en lui décrivant précisément et dans le détail l’obstacle à franchir : les distances à parcourir avant de retomber sur une route plus normale, la largeur du chemin, la solidité du fil de fer, etc… Paradoxalement, notamment parce que je devais regarder tous ces détails, c’est moins qui est commencé à avoir peur, tandis qu’Annie et Keren Or se sont convaincus qu’elles pourraient le faire. Et nous y sommes allés et avons franchi cette étape, ensemble. Gros soulagement pour Annie, grosse confiance pour Keren Or, fière d’avoir été au-delà de sa peur – et à juste titre. . Liberty, elle était imperturbable et attendait que cela se passe – c’était impressionnant.

Si le reste de la marche fût moins mouvementé, il n’en fût pas moins long – près de deux heures encore en descente avant d’arriver à notre camping-car, de prendre une bonne douche, et de savourer cette épreuve émotionnelle d’abord, physique ensuite.

Je suis fier d’elles trois, chacune dans leur genre!

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